Des Belges à l’honneur
Marie-France Cros - Publié le samedi 04 mai 2013 à 04h30 - La Libre Belgique
L’ambassade d’Argentine à Bruxelles organisait vendredi soir une réception "en remerciement à la Belgique pour la solidarité démontrée envers les exilés argentins au temps de la dictature" qui a traumatisé le pays entre 1976 et 1983.
La Belgo-Argentine Angela Beaufays, qui organise cet hommage avec l’ambassade, a expliqué à "La Libre Belgique" que les exilés argentins en Belgique "ont décidé de récupérer la mémoire de cet exil. Non seulement auprès de ceux qui sont restés en Belgique mais aussi auprès de ceux qui sont rentrés en Argentine. Beaucoup de noms de Belges étaient cités mais l’un revenait dans de nombreux témoignages : celui du consul belge à Buenos Aires, à l’époque, Willy Leeman. Comme nous souhaitions leur rendre hommage, nous avons demandé en mars dernier à la chancellerie, à Buenos Aires, s’il était possible de décerner une décoration à M. Leeman. Cela a été accordé rapidement parce qu’il s’agissait d’un cas très valable. Et notre demande survenait alors que l’Argentine a la volonté de travailler sur la mémoire de cette période" .
Trente diplômes
M. Leeman a reçu des mains de l’ambassadeur José María Vásquez Ocampo la décoration de commandeur de l’Ordre de Mai. En outre, trente-cinq personnes vivant en Belgique, qui ont aidé et logé des exilés argentins, ont reçu du diplomate un diplôme soulignant la solidarité dont ils ont fait preuve envers des prisonniers politiques et des exilés.
La dictature militaire qui a sévi de 1976 à 1983 a marqué, par sa cruauté, les esprits des Argentins - pourtant habitués à ce type de régime puisque, entre 1930 et 1983, onze de leurs seize chefs d’Etat furent des militaires.
Selon la Commission nationale sur la disparition des personnes, instaurée après la chute de ce régime, ce dernier a fait au moins 30 000 victimes, pour la plupart "disparus" aux mains des bourreaux militaires. De nombreux réfugiés politiques qui vivaient dans les pays voisins y furent assassinés par les services secrets argentins. Les bébés de jeunes femmes enlevées par les forces argentines puis "disparues" ont été soustraits à leurs familles et donnés à des familles de policiers, militaires et partisans du régime, qui les ont élevés. Plusieurs procès contre des bourreaux ont été lancés ces dernières années.